Accéder au contenu principal

THIEVES' KITCHEN - one for sorrow, two for joy - 2013

Cinquième album du, désormais, trio.

On ne pourra pas évoquer cet album sans parler tout de suite de l'arrivée salvatrice de Thomas Johnson et de ses claviers analogiques, quittant Anglagard pour amener une touche plus émotionnelle et sensible à une musique trop complexe et froide d'alors.
Depuis 2000 et son premier opus head, Thieves' Kitchen s'employait à construire une oeuvre hermétique "focalisé(e) sur un processus de composition d'une extrême complexité, utilisant des séquenceurs informatiques comme outil pour permettre la construction de morceaux longs et denses (...) explorant des structures jazz et des pseudo-improvisations écrites."(1)

Aujourd'hui, avec one for sorrow, two for joy, le trio se recentre sur la voix - et quelle voix que celle d'Amy Darby, tout en maîtrise et beauté - et une certaine simplicité orchestrale, allant de la ballade acoustique (the weaver) à un rock qui se voudrait plus dur à la première écoute avec riff de guitare efficace (a fool's journey), jusqu'au très progressif germander speedwell, la pièce maîtresse de l'album.

Il ne faudra pas pour autant occulter la présence des invités comme le duo Paul Mallyon et Brad Waissman - rythmique du groupe Sanguine Hum - et leur apport primordial à cette réussite, ainsi que la flûtiste Anna Holmgren, autre membre du groupe Anglagard, qui fait de ce groupe un collectif musical alliant les meilleures influences progressives, la Grande Bretagne et la Scandinavie.

Thieves' Kitchen - dont le nom vient du roman Oliver Twist - est un groupe auto-produit mais depuis la rentrée, le beau label PLANE GROOVY de Chris Topham a édité le vinyle (édition limitée à 250 exemplaires). Bel objet, belle production, belle musique, nous tenons là un des plus beaux projets progressifs de 2013.

L'artwork est de Lisa Brown, mis en page par Amy Darby.


Amy Darby : voix
Thomas Johnson : claviers
Phil Mercy : guitares

Paul Mallyon : batterie
Brad Waissman : basse
Anna Holmgren : flûte
Paul Marks : trompette
Tove Törngren : violoncelle



(1) Phil Mercy in Prog-résiste n° 73

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

LE ORME - felona e sorona - 1973

Cinquième album du groupe vénitien qui s'installe définitivement dans un progressif de haute tenue.



Formé en '66, Le Orme se cherchera quelques années autour d'une musique navigant entre le psychédélisme et la pop jusqu'en '71 et la sortie de leur album collage, acte de naissance d'une nouvelle ère. 
Le trio Aldo Tagliapietra, chant et guitares, Toni Pagliuca, claviers et Michi Dei Rossi à la batterie oriente inévitablement l'auditeur vers le trio anglais ELP, et leurs incursions dans la musique classique, à l'instar de leurs aînés, y contribuera d'autant plus, même si la technique des transalpins n'est pas tout à fait comparable.
En deux ans ('72, '73 et ' 74), Le Orme s'installe comme un des chefs de file du style en Italie. Toni Pagliuca s'enrichie d'une palette sonore plus large avec notamment l'ajout d'un Mellotron, et le groupe joue plus sur une diversité orchestrale et des idées concises que sur l'étal…

JON ANDERSON - olias of sunhillow - 1976

Premier album solo du chanteur de Yes.

Après l'enregistrement et succès de relayer et suite à la longue tournée qui s'en suit, chaque membre du groupe fait une pause et enregistre son solo.
Celui d'Anderson sortira le dernier, mais reste certainement le plus abouti de tous. Précisons ici qu'il s'agit réellement d'un album solo, puisqu'Anderson est le seul instrumentiste et, bien sûr, chanteur sur le disque. On imagine l'immensité du projet pour quelqu'un qui ne maîtrise absolument pas les claviers, les harpes et autres percussions de construire cette oeuvre conceptuelle. L'enregistrement se déroule de septembre 1975 à avril 1976...
Sur une idée basée sur les pochettes de Roger Dean - qui ne réalisera pas l'artwork - et d'un livre de la plasticienne mystique Vera Stanley-Alder, Anderson nous raconte l'histoire de Olias, architecte et créateur du vaisseau spatial, voulant quitter Sunhillow à la recherche d'une terre meilleure.
Nou…

LA MASCHERA DI CERA - le porte del domani - 2013

Cinquième album de la formation du cinéphile Fabio Zuffanti.*


Ceci est clairement un hommage à Le Orme et leur Felona e Sorona quelque quarante ans plus tard, le groupe ayant même utilisé une autre peinture de Lanfranco Frigeri afin de bien poser le concept. Et si cela n'était pas suffisant les premières mesures de l'introduction effaceront définitivement les éventuels doutes, puisque il y est cité l'un des thèmes de l'ouverture sospesi nell'incredibile de l'original.
Mais ce n'est pas vraiment tout, puisqu'ils poussent le trait de prendre en copie le squelette de Felona, c'est à dire les neuf titres, mais pas que puisque les constructions de chaque pièce sont calquées de façon extrêmement intelligente et subtile sur l'original. Pas de doute, du travail d'orfèvre** de la part de Zuffanti.
La musique proposée reste bien sûr très personnelle et, finalement, très XXIème siècle, avec une production propre mais pas sur-faite et un rock qui se si…