YUKA & CHRONOSHIP - dino rocket oxygen - 2013

Dino Rocket Oxygen est le deuxième album du quartet japonais.



J'ai toujours aimé acheter des disques au feeling, attiré par la pochette, par l'instrumentation proposée, par quelques lignes lues ici ou là. Ici, c'est suite à un article paru dans Big Band Magazine et surtout un artwork signé Roger Dean qui me rappelle les grands moments de Yes, close to the edge pour ne pas le citer.
Autant l'avouer tout de suite, nous en sommes loin...

Cet album se compose en trois parties (comme son titre l'indique), trois suites. La première, consacrée aux dinosaures (?!), démarre par la question existentielle "qui de l’œuf ou du dinosaure..." avec mellotron sur rythme cardiaque, puis la guitare entame une série d'arpèges qui seront doublées par le piano, d'une manière post-romantique. L'enchaînement avec le deuxième mouvement est une belle idée, avec un thème qui tourne bien où le clavier, la basse la guitare s'échangeront les rôles pour la rythmique. C'est de loin, la pièce la plus réussie de l'album. La suite se finit en envolée lyrique de guitare après une improvisation de Yuka Funakoshi, décidément très marquée par le romantisme.

La deuxième suite commence plutôt pas mal au niveau de l'écriture, toujours avec ces thèmes qui se chevauchent et se poursuivent, un piano toujours présent et un bon enchaînement d'accord au mellotron, la guitare, un peu trop systématiquement depuis le début, vient s'envoler avec un son saturé. Skygazer tombe dans la mièvrerie avec un thème bien gentillet que tout le monde s'emploiera à reprendre en chœur à la fin (si ça vous dit...). La suite est à l'unisson, on y croise du Mozart, un thème aussi mièvre que le précédent, des voix à la Mecano (si, si, ce groupe portugais, vous vous souvenez ?), bref, pas du très bon...

La troisième et dernière suite est dédiée à l'oxygène, et on retrouve de bonnes compositions dans le style progressif, avec des soli de clavier chantants dans la grande tradition seventies. Les trois mouvements sont cohérents et ça fourmille d'idées et de beaux thèmes, avec cassure de rythme et emballement guitaristique, plus un esprit katebushien pour les parties vocales et un finale tout en rupture et en accords dissonants au piano, un régal.

Ce quartet, qui, d'après leur site, n'est apparu qu'une seule fois en dehors du Japon, et c'était en France, a de quoi enthousiasmer les amateurs alliant un beau son de groupe avec une qualité technique indéniable, et ravir les auditeurs cherchant du progressif moderne avec une touche de jazz-rock. Il faudra attendre le troisième album, et espérer qu'ils développent leur composition en évitant de tomber dans les pièges du kitsch

Yuka Funakoshi : claviers, voix
Takashi Miyazawa : guitare, chœurs
Shun Tagushi : basse, claviers, chœurs
Ikko Tanaka : batterie

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