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SPOCK'S BEARD - brief nocturnes and dreamless sleep - 2013

Il s'agit ici du onzième album du groupe californien.
Formé à Los Angeles par les frères Morse, Spock's Beard nous propose un rock progressif venu des USA... Neal Morse, leader, chanteur, compositeur, multi-instrumentiste quitte le groupe en 2003 après l'écriture d'un concept album qui raconte l'histoire cauchemardesque d'un albinos perdu dans New York, et sera remplacé au pied levé par le batteur Nick D'Virgilio - ça rappelle un petit quelque chose cette histoire, non ? Ce nouvel album doit à nouveau faire face au départ de ce dernier et le groupe le remplacera par Ted Leonard au chant et Jimmy Keegan (déjà présent sur scène) à la batterie.

Autant le dire tout de suite, à la première écoute je reste sceptique : trop d'accroches faciles, un rock plus FM que progressif, un son très américain, une production surfaite... Mais on m'avait présenté ce groupe comme incontournable, emblématique du renouveau progressif, des musiciens de haute volée, bref, il fallait que j'y retourne.

Les écoutes se suivront et, peu à peu, le plaisir de retrouver ce groupe se fera de plus en plus fort. Ignorons d'ores et déjà la première hiding out, reprise d'un album de Leonard et totalement formatée dans le moule FM digne du plus mauvais Toto. Pour la suite on peut apprécier le travail pertinent de Ryo Okumoto, fidèle à une sorte de tradition progressiste tant au point de vue du jeu que du son, une inventivité sobre et efficace très bénéfique dans le fait que l'on ne se lasse pas au bout de la troisième écoute malgré cette voix puissante façon heavy-prog ou un Alan Morse qui se complaît dans les clichés rythmiques et sonores, mais toujours avec dextérité !! (a treasure abandoned, submerged).

Le très bon arrive avec afterthoughts et un travail des voix différent de ce qu'on a pu entendre jusque là, avec un bel hommage à Gentle Giant. Le 4/4 guitare - clavier est un peu plus commun mais colore la composition d'une touche jazz-rock entendue sur l'intro de I know your secret.

Something very strange est LA pièce progressive de l'album, une construction tout en rupture, les thèmes s’enchaînent de façon ludique et une mélodie de grande beauté. Si nous ne nous en étions pas aperçu jusque là, il nous apparaîtra que Dave Meros est vraiment un bassiste exceptionnel, la partie de basse de ce morceau est tout simplement incroyable, d'une grande technicité et d'une efficacité redoutable, exercice très périlleux de vouloir allier les deux.

La dernière pièce, waiting for me, s'emploie également à rester dans un pur style progressif avec un nouvel échange mellotron / guitare où Okumoto fait montre de tout son savoir et sa musicalité progressifs, et où les cloches nous indiqueront que c'est bien la fin du premier disque...

Car il y a un second disque, et dans la version CD, il est considéré comme bonus... Dans la version vinyle, point de bonus, mais un double album avec cinq titres dont un remix de Something very strange, version très accalmie et presque molle. Quelques bonnes idées ici ou là, mais on sent bien pourquoi on intitule cette partie bonus... On oubliera facilement ce second disque.

Il est intéressant de voir comment ce groupe peut finalement vous amener dans ses filets si vous y prêtez une oreille plus qu'attentive et ne vous fermez pas à la première accroche, au premier clin d’œil. Mis à part le 'trop gros son' de l'album, c'est certainement un disque qui comptera dans l'année 2012.

L'artwork est signé par Thomas Ewerhard.


Alan Morse : guitare, chant
Dave Meros : basse, voix
Ryo Okumoto : claviers, voix
Ted Leonard : chant, guitare
Jimmy Keegan : batterie, voix

avec
Craig Eastman : violon, alto, vielle à roue
John Boegehold : vocodeur
Neal Morse : guitare
Stan Ausmus : guitare


A noter que la version vinyle offre le double CD.

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