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ANGE - Émile Jacotey - 1975

Quatrième disque du groupe belfortain.

Á Émile Jacotey, grand maréchal ferrant, que nous remercions pour sa gentillesse, 
sa voix de vieux gamin, son visage de légendes et sa "gnôle maléfique". 
Il reste et restera le Symbole des petits vieux de tous les temps ! 

Il fût sans aucun doute difficile d'enchaîner derrière au delà du délire (1974), album phare - encore aujourd'hui - d'un groupe qui s'affirme d'album en album comme le véritable leader d'un mouvement musical français, mouvement qui qualifiera le groupe, par manque d'objectivité et de repère, comme un clone de Genesis.

Ce disque qui avait pour titre initial le livre des légendes, a été composé pour sa première partie en tournée. Malheureusement, tout ne fût pas prêt en temps et en heure et la seconde partie dut voir le jour en studio, dans la précipitation et les fortes tensions : "Il fallait que le disque soit bouclé et c'est là qu'on a commencé à se brouiller. (...) J'essayais de catalyser les idées. J'avais de gros problèmes. (...) J'étais assez impulsif et très autoritaire et je voulais préserver l'idée du livre des légendes" confie Christian Descamps.

La face A est consacrée, dédiée, à Émile Jacotey, maréchal ferrant d'un petit village de Haute-Saône, dont on pourra entendre la voix fatiguée et remplie de poésie si chère à Christian Décamps. Pas celle que quelques journalistes parisiens qualifieront de provinciale avec toute la condescendance que cela implique. Non, cette poésie est celle d'un homme qui passe son savoir, ses légendes, avec un langage choisi et imagé.
Bref, nous trouverons sur cette première face un hymne à l'imaginaire enfantin, hymne tout en lyrisme, en image, comme seul Ange sait le faire (sur la trace des fées), un morceau progressif dans toute sa splendeur (le nain Stanislas), ou encore la magnifique ode à Emile, pleine de pudeur et de respect.

La face B se révèle plus disparate, moins aboutie, la suite Ego et Deus contient de bonnes idées avec la belle ballade Aurélia. On finira avec une autre fresque, le marchand de planètes, emblématique du monde progressif du groupe.

Avec ce quatrième album, le groupe confirme sa position au sein du progressif européen, les paroles de Christian Décamps sont toujours aussi poétique et imagée - on peut toujours se demander qui a écrit d'aussi beaux textes depuis - et la musique, écrite pour la majorité par Francis, même si signée par d'autre, demeure identifiable et finalement unique dans l'identité. De nombreux changements viendront perturber la suite et donneront lieu à des dissolutions, des reformations, mais nous l'évoquerons plus tard.





Christian Décamps : chant, percussions, clavier
Francis Décamps : claviers, voix
Jean-Michel Brézovar : guitare, voix
Daniel Haas : basse, guitare acoustique
Guénolé Biger : batterie, percussions, marimba, vibraphone





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