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YES - relayer - 1974

Décidément l'année 1974 est une grande année du côté du prog.


Pour leur septième album, le groupe doit à nouveau palier à un départ, celui de Rick Wakeman qui décide de faire carrière seul. Multiples auditions sont alors faîtes - ainsi le passage non retenu de Vangelis - et le choix de Yes s'arrêtera sur Patrick Moraz, clavier de Mainhorse et de Refugee
Après Tony Kaye et Rick Wakeman, deux mondes assez opposés dans l'idée de jeu et de présence - le premier a été remercié alors qu'il refusait de jouer du mellotron et du minimoog, alors que le second est un adepte du matériel à outrance - Patrick Moraz propose une approche plus légère que son prédécesseur, et son intérêt pour le jazz et l'improvisation a certainement joué en sa faveur, même si sur ce disque là, on peut penser que le matériau étant déjà bien en place avant son arrivée, ne lui laissait guère de liberté.

La pièce principale, the gates of delirium, inspirée du guerre et paix de Tolstoï, est une oeuvre fondamentale dans l'histoire du prog. La durée, la construction, la composition, le collage des parties et les inventions bruitistes d'Anderson permettent aux différentes parties de se suivre et de s'enchaîner en toute logique. Les dialogues entre Moraz et Steve Howe sont un exemple de complicité et la basse de Chris Squire relève d'une belle maîtrise et d'un sens du groove unique. La pièce se termine sur un message d'espoir délivré par Anderson sur la pedalsteel guitar de Howe (entre autre).

Sur la deuxième face, on retrouvera une introduction de sound chaser avec un Moraz libre de nous donner un tout petit aperçu de ses possibilités d'improvisateur façon jazz-rock, on sait que Yes aimait tout particulièrement le travail du Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin (d'où sans doute le choix de ce claviériste). La dernière partie du titre nous proposera un solo de Moraz bien inspirée sur une rythmique endiablée et un Squire au son métallique. Le disque se termine sur to be over , ballade un rien trop complexe et trop riche, mais c'est là aussi la marque de fabrique de Yes.

Roger Dean signe quant à lui, la pochette et continue sa collaboration avec le groupe.


Jon Anderson : voix
Steve Howe : guitares
Chris Squire : basse
Patrick Moraz : claviers
Alan White : batterie

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